French Riviera — céramique et patrimoine

Vallauris : des poteries du quotidien à la chapelle de Picasso

Avant les assiettes de Picasso, Vallauris fabriquait des marmites. La ville doit une part de son histoire à cette terre que l’on façonnait pour cuisiner. Je vous propose de commencer au musée, puis de rejoindre la place Paul-Isnard et les rues du vieux centre. Si vous souhaitez essayer la céramique, gardez un moment pour un atelier convenu à l’avance.

Publié le 29 septembre 2026 *

Illustration peinte : un bol en terre cuite, un pichet bleu et des outils de potier sur un établi, devant la cour ensoleillée d’un atelier imaginaire.

Place de la Libération, commencez à l’ouverture

Pour cette visite, je choisirais un matin à 10 h, en évitant le mardi, jour de fermeture. Le musée Magnelli, musée de la céramique, et la chapelle Picasso se trouvent place de la Libération. Un billet commun, à 6 € au plein tarif, permet de visiter les deux. Le parking de l’Hôtel de Ville fait partie des possibilités indiquées à proximité : vous pourrez ensuite poursuivre à pied.

La coupure de midi compte dans l’organisation. Du 16 septembre au 30 juin, les musées ouvrent de 10 h à 12 h 15, puis de 14 h à 17 h. Une arrivée tardive vous laisserait peu de temps avant la fermeture. Réservez plutôt la fin de matinée aux rues du centre et le déjeuner à ce qui vous fera envie sur place.

Pour vos séjours d’automne, notez aussi les fermetures des 1er et 11 novembre. Avant un déplacement un jour férié, contactez l’accueil au 04 93 64 16 05.*

Des marmites aux émaux des Massier

La terre de Vallauris résiste à la chaleur. Elle a longtemps servi à produire des récipients de cuisson, exportés bien au-delà de la commune. Au musée, les pignates — les marmites locales — et les poêlons donnent une entrée très concrète dans cette histoire. Regardez les anses, la profondeur, la manière dont une pièce pouvait être saisie : avant d’être exposés, ces objets répondaient aux gestes d’une cuisine.

Dans les collections du musée Magnelli, musée de la céramique, les œuvres des Massier témoignent des recherches du XIXe siècle sur le décor et les émaux. Les lustres métalliques, notamment, déplacent l’attention vers la surface. Puis les créations des années 1950 font apparaître d’autres silhouettes, d’autres usages de la couleur. Je vous conseille de comparer quelques pièces plutôt que de retenir tous les noms : qu’est-ce qui change lorsqu’un récipient devient aussi une sculpture ?

Suzanne et Georges Ramié occupent une place essentielle dans l’aventure de Madoura, l’atelier où Picasso développe sa pratique de la céramique à partir de 1947. Devant ces œuvres, observez ce que le volume permet au dessin : une courbe, un bord ou une anse font désormais partie de l’image. Le support a sa propre forme, avec laquelle le peintre compose.

Dans la chapelle, la peinture vous entoure

La visite se poursuit dans la chapelle romane avec La Guerre et la Paix. Picasso a peint ces grands panneaux en 1952, dans son atelier du Fournas, avant leur installation dans la chapelle. Levez les yeux, puis regardez d’un côté à l’autre : l’œuvre occupe l’espace autour de vous, bien au-delà du format d’un tableau accroché au mur.

Du côté de La Paix, cherchez le joueur de flûte, le cheval ailé, les personnages qui dansent et ceux qui se reposent sous un arbre. Avec des enfants, vous pouvez partir de ces figures et leur demander ce qu’ils voient avant de lire ensemble les explications. La scène donne assez à regarder pour éviter de transformer la visite en questionnaire.

Si une personne de votre groupe se déplace en fauteuil, gardez cette étape : la chapelle est accessible. Le musée municipal ne l’est qu’en partie au rez-de-chaussée ; présentez-vous à l’accueil pour choisir le parcours adapté.

L’Homme au mouton, puis la rue Clément-Bel

À la sortie, rejoignez la place Paul-Isnard pour voir L’Homme au mouton. Picasso a offert ce bronze à Vallauris en 1949. La sculpture se rencontre sur une place de la ville, en plein air : on peut en faire le tour, regarder comment l’homme porte l’animal, puis reprendre sa promenade.

Poursuivez par la rue Clément-Bel et la rue Haute. Leur tracé droit surprend après les ruelles sinueuses que l’on associe souvent aux villages de la Côte d’Azur. Le vieux Vallauris a été reconstruit selon un plan en damier à partir de l’acte d’habitation de 1501. Les maisons accolées formaient elles-mêmes sa défense, avec des murs extérieurs aveugles ; les portes et la plupart des tours ont disparu lors de l’agrandissement du village.

Gardez ces deux rues comme repères pour explorer les passages voisins. Dans les boutiques ouvertes, une pièce peut retenir votre attention par un détail tout simple : le bord d’un bol, l’équilibre d’une anse, une couleur que vous aimeriez retrouver sur votre table. Avant de choisir, demandez où elle a été fabriquée et quel usage elle permet. Un objet destiné à la décoration ne s’utilise pas forcément pour servir ou cuire.

Avenue Georges-Clemenceau, essayer la terre avec Marie

Pour prolonger la visite par un geste, Marie Laglasse propose une initiation à la demande dans son atelier-boutique du 5, avenue Georges-Clemenceau. Elle travaille notamment le grès et la porcelaine, à la plaque et par estampage, pour créer des objets utilitaires. Cette adresse permet d’aborder la céramique autrement que par le tour de potier.

Appelez le 06 81 69 73 69 avant votre venue pour convenir du créneau, du tarif et de ce que vous pourrez réaliser. Avec un enfant, précisez son âge. Demandez aussi quand la pièce pourra être récupérée après cuisson : si vous séjournez quelques jours sur la Riviera, mieux vaut organiser l’atelier assez tôt pour pouvoir revenir. Une boutique ouverte ne signifie pas qu’une séance peut commencer immédiatement.

Si vous préférez rester sur une promenade, la place, les musées et le vieux centre constituent déjà un programme complet. Pour une autre sortie autour d’un artiste et de son quartier, le musée Bonnard et le vieux Cannet offrent un prolongement à garder pour un prochain jour.

Sources et renseignements pratiques

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